La clé pour moins souffrir
J’ai été touché par le message de Ghérardi, qui dit ses angoisses, la nuit. Sophie de Villeneuve ouvre la clé des Psaumes, une prière bi ou tri-millénaire, qui ouvre des sentiers multiples, aux jours de la joie et aux jours d’épreuve, au détour des nuits d’angoisses aussi. Nous ne sommes pas les premiers en chemin à nous poser les questions fortes, de la vie et de la mort, avec leur poids d’allégresse parfois et leur poids de gravité souvent. Les Psaumes interrogent le ciel, parlent à Dieu. Comme tant d’autres textes de la Bible. Comme la finale des évangiles, qui dit des témoignages de femmes et d’hommes bouleversés par la résurrection de Jésus, dont ils parlent sans entièrement la comprendre. Mais elle a touché leur vie et bouleversé leurs façons de voir, de comprendre, d’aimer.
Me revient à l’esprit ce mot : « on reconnaît la grandeur d’une civilisation à son culte des morts ». Je le crois de plus en plus. Je crois de plus en plus aussi que quand la mort est gommée, ou doucement éloignée, policée, comme elle l’est souvent dans nos villes, sans cérémonial social visible, on laisse souvent sommeiller la douleur dans les cœurs. Et cette douleur, non résorbée, se réveille chroniquement.
Alors, Denise a vécu Halloween. Et c’est vrai, pourquoi pas un peu d’insouciance ? Mais pour ma part j’ai une réticence. Nous ne sommes pas chez les Celtes, et je ne voudrais pas brouiller les pistes. Parce que beaucoup de gens gardent au cœur les questions, ou éventuellement les angoisses évoquées par Ghérardi. Je préfèrerais retrouver les chemins des cimetières joyeux et fleuris de la Bretagne natale de Claire, à la Toussaint. Trouver des gestes et des mots d’amour qui ne me donnent pas l’impression de fuir la question, mais me donnent quelques clés pour vivre et espérer.
J’aimerais en fait, que la Toussaint, fête de joie très profonde, ne soit pas absorbée par le jour des morts, le lendemain. Ou alors, qu’elle transforme ce jour-là. Justement, qu’elle en donne la clé !
Jacques Nieuviarts


Commentaires
Oh ! Les Américains, des Celtes. Et des Texans (en plus)! C'est surtout que la citrouille joue un grand rôle dans plusieurs fêtes. Et ça fait travailler les parents, quand il faut conduire les enfants. Pourtant, on venait de transférer mon père aux soins palliatifs, alors je n'était pas vraiment insouciante. C'est pourquoi j'ai eu envie de parler d'un autre aspect de la Toussaint, et de la petite fille qui avait l'air d'un ange. La petite fille, c'était le plus important de mon message, un autre visage de la mort, "plus près de toi, mon Dieu."
Rédigé par: denise | le 26 octobre 2006 à 15:50
Un petit message pour vous féliciter. Ce blog est très complet et bien fait.
Merci ! C'est si rare de trouver sur Internet des sites de ce genre.
A bientôt !
Rédigé par: Victoria | le 26 octobre 2006 à 17:39
Pour moins souffrir, cette fête de la Toussaint permet aussi des gestes de fraternité, de respect, de partage et beaucoup d'amour.
Quand je fleuris la tombe de mon enfant je ne manque jamais de fleurir celle du petit voisin dont personne ne s'en occupe car la famille est repartie en Turquie. La Communion des Saints réunis le coeur des deux enfants au mien qui leur parle et demande leur aide. Ils sont " grands" auprès de Dieu.
Rédigé par: Violette | le 26 octobre 2006 à 21:40
Je ne sais pas comment ce sera, après la mort, et même Jésus ne l'a pas dit. La communion des saints, après. Si je reviens sur Halloween, c'est que je perçois mon père comme se dirigeant vers la nuit. A Lourdes, je l'ai confié à Marie, sans rien demander de précis. Dieu ne veut pas la souffrance de l'homme, il ne veut pas celle de mon père. J'avais fixé la Toussaint pour mon premier voyage à Paris (vacances scolaires) puis Noël. Dans le calendrier celte on retrouve l'équivalent de notre Chandeleur, quand la nature se réveille et qu'on observe les premiers bourgeons, si on regarde bien. A Noël, le soleil "revient", les journées s'allongent. Après Noël, à moins d'un miracle, ce sera fini ou finissant, et mon père sera ou ira vers celle du Seigneur. J'ai un sentiment d'unité entre des religions antiques, le christianisme et la vie d'un homme, je le vois là, comme dans le creux de la main de Dieu, la main juste entr'ouverte, pour que filtre un peu de lumière. La Toussaint ne peut être joie qu'une fois accompli le cycle d'une vie, de la naissance à la mort, cycle auquel je n'ai jamais pensé avant, et ensuite se fond dans Celui qui est l'alpha et l'oméga. Là, c'est trop dur. La décision de l'emmener aux soins palliatifs mercredi et je ne voulais pas de cette date.
Rédigé par: denise | le 27 octobre 2006 à 10:51
Je ne me pose pas la question , souffrons-nous au purgatoire, mais cet état de Purgatoire me dérange.
Combien de temps faut-il encore attendre après la mort pour être auprès de Dieu? Il n'y a plus de temps après la mort.Pourquoi ne sommes -nous pas accueillis dans les bras de Dieu dès notre passage de la vie à la Vie Eternelle? Qui donc pourrait ne pas passer par le Purgatoire? Dieu ne nous prend-t-il pas avec lui tel que nous sommes? Faut-il après la mort encore se battre pour être accepté à ses côtés?
Rédigé par: Violette | le 27 octobre 2006 à 12:03
je voudrais réagir au commentaire de Violette :
la notion du purgatoire ne me fait pas peur et me rassure
je ne peux pas être parfaite, j'ai fait de nombreuses "salissures" sur mon coeur et dans mon âme, et j'en ferai probablement tout plein d'autres encore
alors souffrance au purgatoire ? peut être, mais souffrance purificatrice, pour enlever toutes ces salissures
mais il ne s'agit pas de se battre pour être accepté à ses côtés, plutôt d'un abandon à Sa volonté
Il nous aime comme nous sommes, mais je pense qu'Il nous veut sans tâche, laissons-Le nous enlever nos tâches
combien de temps pour être auprès de Dieu ? le temps qu'il faudra, le temps qu'Il décidera
et ce temps là n'est probablement pas le même que celui sur terre : une seconde est une éternité et une éternité une seconde, mais le temps existe quand même
qui pourrait ne pas passer par le purgatoire ? je n'en sais rien, et cela m'importe peu
à Denise : gardez courage, je suis de tout coeur avec vous
bonne journée à tous
mariessourire
Rédigé par: mariessourire | le 27 octobre 2006 à 14:18
Et les incroyants ? Je ne me l'étais pas posée avant; je ne me la pose plus. Pour certains, ils les envoyaient au néant. D'autres s'appuyaient sur le fait qu'on a le choix. Je ne l'ai pas eu. La foi s'est imposée à moi. Je me suis parfois éloignée de la pratique, mais pas de la foi. Je suis la seule dans ce qui me reste de famille. Non, on n'a pas le choix. Quand on n'a reçu aucune éducation religieuse, jamais parlé avec un chrétien qui réfléchisse un tant soit peu l'image du Christ, on ne peut croire en rien. Mais un tel cas est-il imaginable? J'en doute, et s'il en était, là, le Christ apparaîtrait, visible aux yeux ou non. St Paul donne à la charité la primauté. Qui n'a jamais tendu la main? Qui n'a jamais cherché une main ? Alors, on croit - en quelque chose, mais on croit. J'ai même entendu "je voudrais bien croire ..." Il n'y a pas de restrictions dans les prières eucharistiques, sinon "dont toi seul connais la droiture", "dont toi seul connais la foi." Pendant que ce corps physique se défait, l'autre corps se purifie. Ce qui fait la différence, dans le temps, c'est peut être l'attachement à ce que nous sommes, "trop mauvais," "bons quand même", voire "très bons" ....
Rédigé par: denise | le 27 octobre 2006 à 14:54
"Je le crois de plus en plus. Je crois de plus en plus aussi que quand la mort est gommée, ...Et cette douleur, non résorbée, se réveille chroniquement."
Merci pour ces mots édifiants.
Je crois que les morts au sens humain, les bien- morts peuvent prier pour nous (quand nous le leur demandons), car ils sont simplement en repos "physique": leur prières pour nous sont donc des prières d'intercession. Et, leur pardonner des torts qu'ils nous auraient faits (dans ce cas, il faudrait que nous les connaissions) est bien nécessaire pour leur Salut, pour abréger leur purgation. Mais, y a-t-il des reférences (hors mis qu'en 2 Mac 12 où des gens ont prié pour des morts, sans aucune précision sur l'acceptation des cette prière.
Merci.
Rédigé par: Tiburce Gangué | le 27 octobre 2006 à 17:42
Je souhaiterais poser une question au père Nieuvarts: Nous croyons en la résurrection des morts à la fin des temps. Pourtant, on nous apprend aussi que les ames des défunts continuent à vivre. Nous demandons meme aux saints d'intercéder pour nous auprès de Dieu. C'est bien que ces ames sont utiles au monde et n'attendent pas le retour du Christ pour revivre?
Rédigé par: marie | le 27 octobre 2006 à 18:18
Ces présences que l'on sent près de nous .... Je vois déjà la tentation de ne pas se quitter complètement et, tentation réciproque, puisque la vie continue. Ce n'est pas un hasard si le Seigneur a choisi le 25 octobre pour qu'on décide le transfert de mon père aux soins palliatifs, pour me plonger en plein dans la mort, et que en émergeant du choc, hier, mêlant chapelet et rêves, je découvre ce blog. S'ils sont là, encore là, ce n'est pas pour rester. Si on les sent là, il ne faut pas les laisser s'attarder. Autant je donne de l'importance à l'aspect visible du deuil, autant j'en donne à s'en défaire. Une façon aussi de leur dire, comme sur un quai de gare, qu'il est temps de partir. "Tu ne pleures pas", demandait une grand-mère à sa petite fille qui quittait ses parents pour la première fois. "Non, à quoi ça servirait, ça ne fera pas revenir le train." Dans le deuil, on reste plus longtemps à s'attarder, on se quitte pour plus longtemps, on ne sait pas si on se retrouvera, une fois dans le Royaume, mais il faut accepter de rejoindre sa place, ne pas faire de notre deuil une prison, de les pousser un peu, s'il le faut. En lisant mes mots repris par Jacques Nieuviarts, j'ai eu envie de mettre en garde contre un spiritisme involontaire. En perdant des rites, on touche à des choses graves. "Laisser les morts enterrer les morts" peut avoir plusieurs sens.
Rédigé par: denise | le 27 octobre 2006 à 21:44
Je n'étais pas venue parler de spiritisme, mais j'ai lu quelque part quelque chose sur la réincarnation (blog? forum?) J'ai grandi au temps où la peur de l'enfer existait encore, et je n'arrivais pas à y croire. Même les pires personnes ne peuvent faire un mal éternel. La réincarnation devenait intéressante. Jusqu'à ce que je me demande ce que le Christ était venu faire, puisqu'on devenait l'auteur de son propre salut. Et là, j'ai compris que la réincarnation était incompatible avec le christianisme. J'espère que la personne qui en parlait lira ces lignes.
Rédigé par: denise | le 27 octobre 2006 à 21:55
Cette angoisse devant la mort, trop de gens la partagent, et j'en suis un peu, pour que je ne vous raconte pas cette histoire. Sur mon père, bien sûr. J'étais gamine et je n'ai pas assisté à la scène. Mon père était la pêche et un clochard s'est mis à côté de lui. Ils ont parlé, et Gégène, puisque c'était son nom, lui a proposé de partager sa boîte de haricots, ou de cassoulet, je ne sais plus bien le menu. Sur le menu, d'ailleurs, mon père a plutôt rechigné. Mais que Gégène en vienne à lui proposer ce repas me fait penser à Notre-Dame de Lourdes dont Bernadette a dit : "elle m'a parlé comme une personne à une autre personne." Et je me suis dit, quelle que soit sa foi, sans qu'on le lui ai appris, sans rien attendre en retour d'un Dieu et de son paradis, il s'était comporté en chrétien, d'un mouvement de coeur, il avait dû parlé comme Marie à Bernadette. Et je me rends compte en écrivant que si j'ai tant angoissé pour papa, et pas pour les autres membres de la famille, c'est que, toute petite, en récitant le Notre Père, je ne comprenais pas pourquoi "pauvres pêcheurs" - disant, "papa n'est pas pauvre!" A chacun ses peurs, mais à chacun aussi ses moyens de la surmonter, dans la quête de l'amour passé, présent, à venir.
Rédigé par: denise | le 28 octobre 2006 à 12:06
Jacques Nieuviarts à écrit : J’aimerais en fait, que la Toussaint, fête de joie très profonde, ne soit pas absorbée par le jour des morts, le lendemain.
Moi, je suis du même avis que vous. Dans mon Alsace natale où les tombes sont joliment entretenues et fleuries toute l'année et particulièrement soignées en novembre, on faisait bien, il me semble, la différence entre la fête de la Toussaint et la journée de prière pour les défunts.
La Toussaint est une belle fête où nous pouvons entendre pour chacun de nous et aussi pour ceux que nous aimons et qui nous ont précédés dans le Royaume, un appel à la sainteté.
Rédigé par: Monique 2 | le 28 octobre 2006 à 18:33
bonjour, en fait j'interviens dans ce forum pour poser une question a laquelle je ne trouve pas de reponses... mon grand père est décédé hier et je voudrai savoir comment est conciderer l'incinération au yeux du christiannisme et s'il y a une période de deuil a respecter. je remercie d'avance les personnes qui pourront repondre a mes questions,merci beaucoup.
est ce possible de me répondre directement sur mon adresse email : mallory_4@hotmail.fr merci
Rédigé par: mallory | le 13 novembre 2006 à 18:39