Le blog de Benoît de Sagazan

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L'archéologie dans la presse (2007)

Au sommaire de ma revue de presse
(Rubrique régulièrement actualisée)

Suippes Quelle archéologie pour la Grande Guerre ? L’Union 3 octobre 2007
Narbonne Archéologie De nouvelles fouilles au château de Termes L’indépendant 3 octobre 2007
Quatre Vendéens sont privés de trésor Ouest France 30 septembre 2007
Blérancourt Fouilles : la polémique fait toujours rage L’Union, 31 août 2007
Les vestiges du château de Salomon de Brosse découverts à Blérancourt La Tribune de l’art, 24 août 2007
À fouilles ouvertes Sud Ouest, 17 mai 2007
Sous la piscine, des sépultures médiévales La dépêche du Midi, 16 mai 2007
Lyon Un ancien espace funéraire mis à jour Le Progrès, 15 mai 2007
Histoire : l'héritage des siècles remis à neuf Le progrès 30 avril 2007
L'Etat devrait casquer pour Cosquer 20 minutes 15 avril 2007
Jura Musée d'archéologie : les fouilles anciennes sur Internet Le progrès , 4 avril 2007
L'histoire des Incas racontée par... les acariens ! Midi Libre, 4 avril
MONTREAL La villa gallo-romaine de Séviac est ouverte à la visite La dépêche du midi, 30 mars 2007
La mèche de cheveux de Ramsès II retourne au Caire 20 Minutes, 30 mars 2007
Dijon Saint-Apollinaire : L'archéologie préventive fait des découvertes Le Bien Public 6 mars 2007
Un palais gallo-romain mis au jour à Narbonne Midi Libre 3 mars 2007
Aude Les Carcassonnais enterrent un pan d'histoire (Midi Libre, 16 février 2007)
A u d e Les plombs arabes de Ruscino scellaient un butin de Narbonne (L’indépendant, 16 février 2007 )
Finistère Locmaria avait un port au Moyen Âge (Ouest-France, 15 février 2007)
Vendée Le trésor conduit quatre Vendéens au tribunal (Ouest France, 2 février 2007)
Eure Un rite funéraire inédit surgit des fouilles (Paris Normandie, 27 janvier 2007)
France Comté: Un site archéologique majeur mis au jour en Haute-Saône (L’Est Républicain, 19 janvier 2007)
Narbonne (Aude) Le couvent des Fransiscains livre ses secrets (Midi Libre, 10 janvier2007)

Suippes Quelle archéologie pour la Grande Guerre ? L’Union 3 octobre 2007
L'archéologie en Champagne-Ardenne et en Nord-Pas-de-Calais avec un sous-sol profondément marqué par les vestiges de la Grande Guerre, a été le sujet d'un colloque dont la première partie s'est déroulée à Suippes (la seconde aura lieu à Arras) entre plus de soixante-dix spécialistes en matière d'archéologie, d'histoire, de patrimoine… venus de toute la France.
Un premier bilan de vingt années d'archéologie de la Grande Guerre en Arrageois (région d'Arras) démontre l'intérêt archéologique et patrimonial de ces vestiges qui méritent d'être pris en compte lors des investigations d'archéologie préventive sur le terrain

Narbonne Archéologie De nouvelles fouilles au château de Termes L’indépendant 3 octobre 2007
Archéologie Les vestiges du château médiéval de Termes (XIII e -XIV e siècle) continuent de livrer leurs secrets. Ce monument historique, resté célèbre pour le siège qu'en fît Simon de Montfort en 1210, était l'un des "cinq fils de Carcassonne". Intégré comme site pôle du programme Pays Cathare, le château, ruiné par la destruction de 1653-1654, bénéficie depuis une quinzaine d'années d'actions pour sa valorisation touristique contribuant à une meilleure connaissance scientifique des châteaux du Midi. Pendant trois semaines en septembre, de nouvelles fouilles archéologiques ont été entreprises. Placé sous la direction scientifique de Jean-Paul Cazes et technique de David Maso, ce chantier est financé par le conseil général et l'Europe grâce au fonds Leader. Les fouilles ont permis de retrouver des traces de l'occupation du site plus anciennes que celles connues par les écritures sur l'installation de la demeure seigneuriale, vestiges datant du X e siècle. En fait, à travers le site de Termes, les archéologues tentent de comprendre comment s'organisait la vie d'un château seigneurial des Corbières avant la croisade contre les Albigeois et avant que le roi de France ne le transforme en forteresse royale. Il apparaît clairement que la salle dite de la chapelle, célèbre pour sa fenêtre cruciforme (longtemps qualifiée de croix cathare), a été construite par les ingénieurs du roi de France sur des structures mises à jour récemment et correspondant au château primitif des seigneurs de Termes. Tél 04 68 70 09 20.

Quatre Vendéens sont privés de trésor Ouest France 30 septembre 2007
Ils avaient découvert en forêt de Grasla 854 pièces d'argent et de bronze. Mais la cour d'appel de Poitiers a tranché : ils ne pourront pas en profiter.
Aller cueillir des champignons en forêt, ça peut parfois rapporter gros. Temporairement... C'est en tout cas ce qu'ont appris ces quatre Vendéens à leurs dépens, jeudi, puisque la Cour d'appel de Poitiers leur a définitivement confisqué leur trésor.
Tout débute le 26 août 2004. Ce jour-là, expliquent ces quatre Vendéens, ils sont partis à la cueillette en forêt de Grasla, aux Brouzils. Près d'une souche, ils découvrent une pièce qui brille. Suivront 40 le même jour, puis 854 au total après quelques jours de fouille... Des pièces d'argent et de bronze d'une grande valeur. L'un des heureux cueilleurs, découvrant leur valeur (plusieurs centaines de milliers d'euros), se renseigne auprès des Musées de France avant d'aller se confier aux gendarmes.
Résultat, en février, les quatre amis se sont retrouvés devant le tribunal de La Roche. Puis devant la Cour d'appel de Poitiers. Car le problème, c'est qu'ils ont fouillé les lieux, alors qu'il s'agit d'un site archéologique qui aurait demandé énormément de précautions. D'où leur comparution pour fouilles sans autorisation.
S'ils s'étaient limités au premier jour, celui où ils ont seulement gratté avec leurs ongles, le couple et les deux amis auraient « hérité » de la moitié du trésor. Mais en revenant avec des pelles et des truelles, ils ont perdu tout droit... Finalement, la Cour d'appel a quand même été plus clémente que le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon. Alors qu'ils avaient tout d'abord été condamnés à des peines d'amende de 200 € ou 300 €, ils sont cette fois dispensés de peine. Mais restent coupables... donc privés de trésor.

Blérancourt Fouilles : la polémique fait toujours rage L’Union, 31 août 2007
Les vestiges du château de Blérancourt sont déjà exceptionnels. Mais des amateurs du patrimoine et des historiens se montrent inquiets par les réponses de l'Etat apportées hier à propos de leur sauvegarde.
LA sauvegarde des fouilles du château de Blérancourt, édifié entre 1612 et 1619, suscite toujours la polémique. C'est le chantier de l'extension du musée national franco-américain qui a permis par hasard leur découverte.
La réunion tenue hier entre des historiens, des passionnés du patrimoine et des représentants du ministère de la Culture n'a pas permis de trouver un épilogue au bras de fer qui se poursuit. C'est semble t-il un communiqué du ministère qui a mis le feu aux poudres en évoquant un possible déplacement des découvertes architecturales mises à jour en juin dernier. De l'avis de nombreux experts, ces arches et ce pont, ces murs en oblique, témoignages possibles d'un château antérieur, présentent un atout historique majeur. Alexandre Gady, maître de conférence en histoire de l'art en architecture à la Sorbonne, évoque même à ce propos «une intelligence du sol » et déplore au sujet du possible démontage des édifices : «Cela veut dire démolir mais on n'ose pas le dire ainsi ».
L'oncle Sam
De son côté, Philippe Charron, de la Direction régionale des Affaires culturelles, tente de se montrer rassurant. Il souligne que le chantier est actuellement interrompu pour permettre justement aux archéologues de recenser chaque pierre. « Le grand intérêt est de réaliser l'extension du musée. Nous ne voulons pas opposer De la Brosse, l'architecte du château, à l'oncle Sam » dans un clin d'œil au musée symbolisant l'entente franco-américaine. Emmanuel Starcky, directeur du service à compétence nationale de Compiègne et de Blérancourt, sort, à son tour, de son chapeau la constitution d'un comité scientifique pour veiller à la sauvegarde des fouilles. En plus, le démontage ne «serait pas forcément d'actualité » selon un représentant du ministère de la Culture. Mais ces engagements semblent un brin timides au président de la Société archéologique et historique de Soissons, Denis Rolland. « Nous ne sommes pas rassurés par la réunion et nous continuons notre mobilisation » annonce t-il fermement.
Alexandre Gady remarque aussi que «l'Etat s'affranchit des règles qu'il impose à tous les citoyens ». Dans le même registre, Charlotte de Bouteiller, propriétaire d'un site classé, sort ainsi ses griffes : «La loi impose des tas d'obligations que l'Etat ne respecte pas à Blérancourt. Vouloir sacrifier ce patrimoine à la bêtise humaine comme la guerre, cela me révolte ».
T. de L.

Les vestiges du château de Salomon de Brosse découverts à Blérancourt La Tribune de l’art, 24 août 2007
Le château de Blérancourt fut construit de 1612 à 1619 par Salomon de Brosse, l’un des plus importants architectes français du début du XVIIe siècle, auteur notamment du Palais du Luxembourg (aujourd’hui le Sénat). Il s’agit du premier exemple de château massé1 (c'est-à-dire construit sans ailes en retour sur cour), un modèle qui deviendra fréquent par la suite et que l’on retrouvera, par exemple à Vaux-le-Vicomte.
Comme on peut le voir sur une gravure d'Israël Silvestre (ill. 1), le château était situé sur une grande terrasse rectangulaire, qui existe toujours, entourée de douves à sec. Cette terrasse, rendue nécessaire par l’état marécageux du terrain, était séparée en deux par le bâtiment, formé d’un corps central et de quatre pavillons d'angle, lui donnant la forme d’un I majuscule. Sur un des petits côtés du rectangle, vers l'entrée (on ne la voit pas sur la gravure), une grande porte entourée de deux pavillons surplombait les douves.
Le château fut détruit à la Révolution, et seuls la porte et les pavillons de l'entrée de la terrasse (ill. 2) furent sauvés de la pioche des démolisseurs, ainsi qu'un morceau d'un des pavillons d'angle. En 1931, une partie du château, du côté sud, a été remontée pour y installer le Musée national de la coopération franco-américaine.
Les collections du Musée s’étant fortement accrues ces dernières années, des travaux d’agrandissement ont été décidés, en partie financés par The American Friends of Blérancourt. Mais depuis deux ans, le chantier était en friche.
Lorsque les travaux ont repris, en juin dernier, les ouvriers ont mis à jour d’importants vestiges architecturaux du château tel qu’il se présentait au début du XVIIe siècle. Il est difficile de connaître exactement la nature de cette découverte. Le chantier est en effet interdit au public, et nous n’avons pu obtenir pour l’instant l’autorisation de le visiter. Il semble, d’après nos informations, que subsiste tout le système souterrain de la terrasse, faisant partie intégrante de l’architecture de Salomon de Brosse.
Sous la partie arrière (celle que l’on voit le mieux sur la gravure), toutes les caves subsistent, à l’exception de leur voûtement (ill. 3). Les sous-sols du corps central, rasé à la Révolution, existent encore et on y trouve notamment les deux rampes de l’escalier principal du château.
Mais ce qui est réellement exceptionnel se situe sous la terrasse avant où les archéologues ont découvert un système totalement inédit, sans antécédent ni postérité : entre la porte encore existante et la façade du château existait un viaduc (ill. 4), dont quatre arches ont déjà été retrouvées, en parfait état. Le visiteur devait emprunter ce viaduc qui permettait de traverser un grand espace creux, aussi profond que les douves extérieures avant d’accéder à la façade dont les parties basses ont été également découvertes. Il s’agit donc d’un élément essentiel de la construction de ce château, jusqu'ici totalement inconnu.On remarquera d'ailleurs que la gravure de Silvestre que nous reproduisons au début de cet article laisse penser que la cour avant est au même niveau que le reste. Jean-Marie Pérouse de Montclos nous a confirmé que ces nouvelles données, qu'il n'a pas pu encore étudier, prouvent que cette gravure est fausse et l'a amené à des conclusions erronées dans son ouvrage sur l'Histoire de l'architecture française2.
A la Révolution, seule la partie supérieure du château a donc été rasée, toute la partie inférieure subsistant quasi intacte. L’importance de cette découverte met en émoi les historiens de l’architecture mais inquiète les maîtres d’ouvrage. On s’étonne cependant qu’elle n’ait été faite qu’au moment où les travaux ont commencé. Selon Hervé Coulaud, adjoint au DRAC Picardie3 : « la procédure qui a été suivie pour les fouilles paraît tout à fait conforme. Pour toutes les parties concernées par les fondations, il y a des fouilles en cours et tous les relevés scientifiques et architecturaux nécessaires seront faits, ainsi que les campagnes photographiques. » Emmanuel Starcky, conservateur général du Château de Compiègne dont dépend Blérancourt, nous précise que « Des fouilles ont été faites entre 2003, 2004 et 2005, qui visaient à préparer le chantier. Malheureusement, elles n’avaient pas permis de présumer qu’on allait découvrir des éléments d’architecture intéressants qui permettent de préciser ce qu’était l’accès au château. »
Si l’on en croit les maîtres d’ouvrage, les procédures normales ont donc été suivies mais n’ont pas permis de savoir qu’il y avait, à l’emplacement du futur chantier, des restes archéologiques significatifs.
Hervé Coulaud précise : « Entre un sondage et un décapage systématique de surface, il y a des différences. Les archéologues ont, et auront le temps nécessaire pour faire leurs relevés. »
Pourtant, il faut savoir que tout aménagement dans une zone sensible, que cela soit le fait d’un particulier, d’une entreprise, ou d’une collectivité territoriale doit faire l’objet, préalablement, d’un diagnostic archéologique, qui nécessite des sondages réalisés systématiquement selon un quadrillage complet du terrain. Soit ce diagnostic complet n’a pas été réalisé, ce qui signifierait que le Ministère de la Culture ne s’appliquerait pas les règles qu’il impose à tout un chacun, soit il a eu lieu, mais l’INRAP, l’Institut d’Archéologie Préventive, n’aurait pas fait son travail correctement.
Selon Richard Rougier, adjoint scientifique et technique à l’INRAP Picardie : « Il y a eu un diagnostic fait à l’automne 2003, mais nous n’avons été missionnés que sur un secteur très réduit situé en arrière du château là où on savait qu’il y avait une aile détruite. On a trouvé une cave qui se trouvait à l’origine sous cette aile. A l’époque, le projet architectural était encore en gestation. En 2004 et 2005 on nous a commandé des relevés sur des bâtis existants. Nous n’avons jamais été missionnés pour réaliser un diagnostic complet du terrain concerné par le projet. » Il semble donc qu’il s’agisse du premier cas de figure : le diagnostic archéologique obligatoire n’a jamais été réalisé.
La situation est maintenant fort complexe. Il est en effet nécessaire, non seulement que les archéologues aient le temps de fouiller correctement ce chantier, mais surtout que l’on se donne le temps de réfléchir à l’avenir des vestiges dont l’importance architecturale et esthétique est évidente. On imagine mal comment on pourrait admettre la démolition d’éléments architecturaux de cette qualité.
On ne comprend donc pas qu’à peine un mois et demi après cette découverte inopinée (qui plus est en pleine période de congés), le Ministère de la Culture ait émis un communiqué de presse indiquant déjà le sort que subiront une partie de ces vestiges, négligeant par ailleurs de parler de ceux à l'arrière du château et de préciser que ces derniers doivent tout simplement être détruits. Le viaduc serait en partie démonté pour être reconstruit. On sait ce qu’il advient en général des éléments architecturaux que l’on démonte pour les remonter plus tard, sans qu’aucun emplacement, aucun financement ni aucun délai ne soient prévus. Les caves en sont pleines.
Les responsables se veulent cependant rassurants. D’après Hervé Coulaud : « En fonction de la mise à jour des vestiges du viaduc il sera envisagé avec la DMF une solution pour préserver ces éléments d'architecture, leur démontage et leur remontage sur le site pouvant être une solution dont les conditions doivent être finalisées. ».
Emmanuel Starcky semble inquiet pour l’avenir de l’extension du musée : « Il faut comprendre que ces vestiges ont été découverts parce qu’il y avait le projet d’agrandissement du musée. Cette opération a un coût de 5,245 millions d’euros, avec une participation de près de 50% des American Friends of Blérancourt.
L’existence de ce viaduc, qui menait le visiteur de la porte d’entrée au château, n’était pas connue et cela pose des problèmes pour une partie de la construction de l’extension du musée à venir. L’équation n’est pas simple : soit on arrête et on fait un autre projet, soit on part sur la base initialement prévue et on sauve la partie essentielle de ce qu’on a découvert. Ce n’est pas dramatique : on a affaire à quelque chose qui peut en partie rester in situ et une autre partie qui peut être démontée pour être ensuite remontée afin d’évoquer, avec d’autres vestiges retrouvés, un château qui a été rasé à la Révolution. Il est vrai que le choix de ne toucher à rien pourrait mettre en péril le projet. »
On a, dans cette affaire, une légère impression de déjà vu. Le cas est en effet comparable à celui de l’Orangerie des Tuileries. Sous prétexte de créer un nouvel établissement culturel, fasciné par le « geste architectural », on néglige de s’intéresser au site. Et lorsque l’on exhume les vestiges archéologiques, il est déjà trop tard4. Il est pourtant essentiel, dans ce cas précis, de prendre son temps et de ne pas agir sous la pression. Il serait étonnant que les American Friends of Blérancourt ne comprennent pas l’importance de cette découverte et la nécessité de protéger un patrimoine menacé. Ils sont les héritiers d'Ann Morgan, fille de John Pierpont Morgan, qui a fondé le musée de la coopération franco-américaine et a agi pour la protection des monuments français.
La mobilisation qui commence à se faire jour semble déjà porter ses fruits. Aujourd'hui même, une visite du chantier était organisée pour les élus. Le maire de Blérancourt, monsieur Patrick Laplace, que nous avons contacté, nous a indiqué qu'il leur avait été dit que, pour l'instant, il n'était pas question de démonter quoi que ce soit avant que l'on connaisse le résultat des fouilles, ce qui est en contradiction avec le communiqué de presse du Ministère. Celui-ci fera-t-il machine arrière ? Aucune décision ne doit être prise pour de mauvaises raisons. Risquer un retard dans le projet d'extension du musée, voire l'annulation de celui-ci en est une, au regard des enjeux patrimoniaux.
Didier Rykner
(mis en ligne le 24 août 2007)
P.S. Nous avons pu visiter le chantier le 29 août 2007 (voir l'article).
1. Jean-Marie Pérouse de Monclos, Histoire de l'architecture française. De la Renaissance à la Révolution, Paris, 1989, p. 239.
2. Op. cit. note 1. Les raisons pour lesquelles cette gravure est fausse demandent à être étudiées. L'état représenté pourrait être une interprétation du graveur, ou celle du idée de l'architecte non réalisée ; la cour avait également pu être déjà comblée à cette époque. Une fois de plus, cette affaire démontre l'inanité des reconstitutions d'après des documents anciens dont la fiabilité est toujours sujette à caution.
3. Il nous a précisé que les décision appartiennent à la Direction des Musées de France qui est maître d’ouvrage, la DRAC n’étant pour ce chantier que maître d’ouvrage délégué.
4. Il est étonnant de constater à quel point les mondes des musées et des monuments historiques communiquent mal et se comprennent si peu.

À fouilles ouvertes Sud Ouest, 17 mai 2007
CHARENTE --Le Département lance des expositions et des visites pour valoriser son patrimoine, dont celui de Cherves
:Séverine Joubert
Pour présenter l'opération « Voyage au c?ur du temps, la Charente archéologique » et son schéma départemental (lire ci-contre), Michel Boutant, le président du Conseil général, avait judicieusement choisi Cherves-Richemont, village situé à côté de Cognac. Ce qui, jusque-là, n'en dit guère plus, sauf lorsque l'on écoute Jean-Michel Mazin, paléontologue chercheur au CNRS, et son élève doctorante Joane Pouech.
À deux ou trois kilomètres du lieu où se tenait hier la conférence de presse dort depuis des millions d'années un gisement d'animaux fossilisés, dont l'existence remonte au crétacé, soit entre - 65 millions et - 145 millions d'années.
« Un site exceptionnel ». Michel Boutant pensait qu'il s'agissait du jurassique. Il n'en est rien. Cette datation au crétacé, doublée d'une rare richesse fossilifère, fait de Champblanc un « site exceptionnel » étudié en Chine et aux États-Unis, a souligné Jean-Michel Mazin. « C'est le seul site au monde où il y a une série continue de 81 niveaux, comme autant de pages d'un livre que l'on tourne. » Exceptionnel également, le partenariat privé et public qui s'est mis en ?uvre dès 2001, lorsque les fouilles ont commencé.
Elles vont s'achever cet été, après sept campagnes, 24 tonnes de sédiments lavés, la découverte d'un crâne entier de crocodile, de millions de microrestes (des dents) et « dix ans de travail engrangés devant nous », a présenté hier Jean-Michel Mazin. À ce propos, le chercheur a annoncé la réalisation d'une base de données, disponibles sur Internet et exploitable par les chercheurs du monde entier.
Des mallettes pédagogiques. Connu de la sphère scientifique, des amateurs et d'une partie des Charentais, le site de Champblanc entre dans une phase de « mise au jour » plus large, pour détourner une expression d'archéologue.
Jean-Michel Mazin et Joane Pouech ouvraient déjà les fouilles aux visiteurs chaque été. Une partie des fossiles retrouvés est, de plus, exposée au musée d'Angoulême. Jean-François Tournepiche, le conservateur, assistait d'ailleurs à la présentation hier.
Cette fois, Champblanc prend son cartable -- ou disons sa mallette -- pour aller sur les bancs des lycées et collèges. Christine Soubigou, professeur au lycée Guez-de-Balzac, détachée auprès du musée d'Angoulême par la DAAC (Délégation académique à l'action culturelle) a imaginé, avec Joane Pouech, une mallette pédagogique.
Des microrestes originaux (entre 0,5 mm et 1 mm) ou reproduits ont été collés au bout d'une aiguille par la main minutieuse de Johane Pouech. Ce minuscule témoignage du crétacé, protégé par un étui transparent, pourra être étudié par les élèves des établissements demandeurs.
La réalisation de quatre mallettes, qui renferment chacune six autres mallettes, a coûté 5 800 euros. La majeure partie a été prise en charge par le Conseil général. Il inscrit cette initiative dans un programme plus vaste de valorisation de « l'archéologie charentaise ». Il en est de même pour l'exposition qui se tiendra au Conseil général puis à Cognac cet été.
Autant d'animations qui vont dans le sens des propos de Jean-Michel Mazin, pour qui « la connaissance n'a d'intérêt que si elle est partagée ».

Sous la piscine, des sépultures médiévales La dépêche du Midi, 16 mai 2007
LOT. DES TRAVAUX DE TERRASSEMENT ONT MIS AU JOUR DES VESTIGES MOYENÂGEUX, À FRONTENAC.
Si Frontenac, dans le Lot, n'est pas un site majeur, il est cependant considéré par tous les archéologues comme un lieu important du passé.
De ce fait, aux alentours de l'église, chacun sait qu'il y a toujours une chance de tomber sur une sépulture, un sarcophage ou encore un mur médiéval. C'est ce qui vient de se produire chez ce couple d'Anglais qui, en faisant creuser sa piscine, a découvert des sépultures du moyen âge, peut-être même de l'Antiquité tardive.
Sous la direction de Laurent Sévègnes, conservateur régional de l'archéologie, trois archéologues sont venus faire des relevés. « Nous avons dégagé une quinzaine de sépultures-coffres en dalles ou parementées, un sarcophage et les assises d'un bâtiment : une église ou un lieu de culte. À l'intérieur de ces tombes, quelques morceaux de céramique brisée. Les propriétaires de ce terrain ont eu une très bonne réaction en signalant cette découverte. Cette procédure est obligatoire, mais les gens ont souvent peur que les fouilles retardent le chantier », fait remarquer Elisa Pégourié, archéologue.
En trois jours, l'équipe a réussi à faire son travail et un rapport scientifique sera transmis au Service régional de l'archéologie. Quant à la piscine, elle sera construite à l'intérieur des fondations découvertes, sur choix des propriétaires anglais, afin de préserver ces vestiges.
Laetitia Bertoni

Lyon Un ancien espace funéraire mis à jour Le Progrès, 15 mai 2007
La société Archéodunum pratiquent des fouilles rue du Commandant Charcot, dans le 5e arrondissement
Depuis le mois de mars, des fouilles sont effectuées sur un espace funéraire datant de la fin du Ier siècle avant Jésus Christ. Helvète, la société Archéodunum, pour laquelle travaillent ici huit archéologues et anthropologues français, a installé une filiale sur la région rhodanienne.
A l'origine de la découverte du site situé rue du Commandant Charcot, le transfert, quelques enjambées plus loin, de la clinique « La villa des Roses ». Puis, comme le précise Tony Silvino, archéologue responsable de l'opération, « la société UTEI, ayant acquis l'espace libéré, a dû, selon la loi, après démolition des anciens bâtiments et avant toute autre reconstruction, laisser opérer l'INRAP (1) pour un sondage de terrain prescrit par le Service Régional d'Archéologie ».
Juliette Michel, anthropologue, montrant les traces laissées par le bûcher, noircissement et « rubification » (2) des parois, présente le site : « Vingt fosses de crémation de défunts, dont les unes ont un fond plat, les autres sont en forme de cuvette, ont été mises à jour.
A la zone funéraire, concentrée sur la partie nord du site, est juxtaposée une aire de circulation que signalent des galets disposés de manière régulière. »
L'intérieur des fosses recelait des ossements humains dont certains avaient été placés dans une urne lors d'une « crémation secondaire ». D'autres éléments, qui seront ensuite analysés en laboratoire par une pléiade de spécialistes, ont été également répertoriés : traces de métal, débris de verre et de céramique, clous, fragments résiduels provenant des offrandes.
La capitale des Gaules n'a pas fini de nous révéler son passé.
> Note
(1) INRAP : Institut National de Recherche Archéologique Préventive.
(2) Rubification : la terre cuite par le feu prend une couleur rouge.

Histoire : l'héritage des siècles remis à neuf Le progrès 30 avril 2007
Deux Bisontins créent des visites virtuelles dans des sites du passé, en associant aux techniques de l'archéologie et de l'histoire celle de l'imagerie de synthèse en 3 D
«Là, on remonte vers la place Pasteur » commente Pierre Rupp. Sur l'écran, l'image frôle la dalle d'une voie antique bordée de maisons à colonnades. Ça ressemble au sud, et l'on est pourtant à Besançon. Où plutôt à Vesontio, comme l'appelaient les Romains, et cela grâce à l'imagerie numérique en 3 D.
L'un a une maîtrise d'histoire ancienne, l'autre de médiévale. Passionnés de multi-média, tous deux ont passé une licence en informatique. Pierre Rupp et Loïc Thirion-Lopez sont les porteurs d'Héritage Virtuel, une société en voie de création hébergée depuis octobre 2006 à l'incubateur de la Maison des microtechniques à Besançon. Leur projet est né de la volonté d'une équipe de l'ISTA, l'Institut des sciences et techniques de l'Antiquité (Université de Franche-Comté) de valoriser ses savoir-faire en modélisation 3 D et imagerie de synthèse. « Notre but, c'est de reconstituer en images de synthèse des monuments historiques, depuis les Romains à aujourd'hui, afin d'en organiser des visites virtuelles, montrer ce qu'on ne peut pas ou plus voir », expliquent Pierre et Loïc.
Vauban aussi
« On ne fait pas que de l'image de synthèse, il y a un discours autour. Il faut aussi que les enfants puissent voir le film, qu'ils comprennent l'histoire » précisent Pierre et Loïc. Leur cible, c'est d'abord le grand public, qu'ils comptent atteindre par l'intermédiaire des collectivités.
Ainsi, de Vesontio à Besançon (lire ci-dessous) répondait à une commande de la municipalité bisontine. « On ne crée pas que le bâtiment, mais aussi le paysage autour, ça donne plus de vie à la reconstitution » indique Loïc. « Nous nous appuyons sur des sources scientifiques, en nous renseignant par exemple sur les essences présentes à l'époque » ajoute Pierre.
Héritage Virtuel répond aujourd'hui à une commande du conseil régional et du conseil général du Doubs pour reconstituer une visite de Besançon au temps de Vauban.
« Là, nous travaillons avec un réalisme plus poussé, car on possède plus de documentation, et nous sommes mieux organisés » déclarent Pierre et Loïc.
En révélant un secret de leur future réalisation : certaines façades du quai Vauban n'étaient qu'un décor cachant des maisons plus anciennes...
«Nous n'avons fait aucune démarche commerciale pour l'instant, mais ça nous tombe dessus.
Exemple, nous avons été contactés par un promoteur tombé sur des vestiges qu'ils souhaite valoriser » se réjouissent les deux hommes.
Autres commanditaires possibles, les architectes et les designers voulant voir leurs créations en situation.
La société Héritage Virtuel devrait être officiellement créée en juillet, et rester quelque temps encore à l'incubateur.
Pierre et Loïc se préparent à recruter un stagiaire et un spécialiste du patrimoine qui les déchargerait de la partie administrative du travail, et plus tard un graphiste. Le passé leur ouvre une porte, réelle, vers le futur.
Jean-Claude Bonnot

L'Etat devrait casquer pour Cosquer 20 minutes 15 avril 2007
Henri Cosquer, le plongeur qui a découvert en 1991 la grotte aux peintures rupestres, baptisée en son nom, dans les calanques de Marseille, a droit à une indemnisation pour l'exploitation qui en a été faite, a décidé le tribunal administratif, a-t-on appris samedi de source judiciaire. Le tribunal a annulé jeudi une décision du ministère de la Culture, qui refusait la demande d'évaluation de l'intérêt archéologique de cette grotte, sur la base de laquelle l'indemnisation peut être calculée. Le plongeur pourrait bénéficier d'une indemnité à partir de 2002, date de l'entrée en vigueur de la loi sur l'archéologie préventive. Henri Cosquer compte aussi demander un million d'euros à TF1 et Nicolas Hulot, au titre de l'exploitation des images de la grotte dans un « Ushuaïa » diffusé en 2003.

Jura Musée d'archéologie : les fouilles anciennes sur Internet Le progrès , 4 avril 2007
Depuis le début de l'année, le musée d'archéologie procède à la numérisation de la collection ancienne de Chalain et de Clairvaux, soit 2 000 objets de la vie quotidienne datant de 3 000 ans avant Jésus-Christ dont une sélection représentative sera visible sur Internet le 31 décembre. Grâce à des liens le public pourra ainsi observer la collection de Chalain, via les sites des grands musées de France, le site des musées de Franche-Comté et enfin le site de la ville de Lons.

L'histoire des Incas racontée par... les acariens ! Midi Libre, 4 avril
Les acariens n'ont-ils aucune utilité ? Quatre chercheurs anglais, américains et montpelliérains se sont aperçus qu'une petite bête d'un millimètre, l'acarien connu sous le nom d'oribate, apportait un éclairage nouveau sur les civilisations andines.
Faute de traces écrites, reconstituer l'histoire des ces sociétés avant la conquête espagnole était une tâche difficile. «C'est avec les petites choses que l'on comprend les très grandes » ironise Alain Gioda, de l'Institut de Recherche et de Développement de Montpellier (IRD). L'acarien oribate, est campagnard, il n'a rien avoir avec ceux qui infestent nos villes et sont responsables de nos allergies et de nos crises d'asthme. Il colonise les zones de pâturage et se nourrit essentiellement des excréments de lama, ce qui fait de lui un indicateur précieux de la présence de troupeaux et donc de présence humaine.« Plus il y a d'hommes, plus il y a de lamas. Et plus il y a d'excréments plus il y a d'acariens » plaisante le chercheur. Alex Chepstow-Lusty du CNRS de Montpellier, Mick Froley de l'université de Sussex (GB), Brian Bauer (Chicago, USA), et Alain Gioda ont découvert un nombre important de cuticules (squelette externe) d'acariens dans le lac Marcacocha, situé dans les Andes au Pérou. « Des colonnes de boue sont tirées d'un lac d'où l'on extrait les acariens » explique M. Gioda. Le comptage de ces cuticules a permis de distinguer quatre périodes récentes des empires Inca et Espagnol. Par exemple, l'apogée de cet empire au début du XVe siècle, correspond à l'abondance d'acariens en raison d'une utilisation intensive de lamas, seul moyen de transport à l'époque. « Les archives historiques nous ont permis de valider le résultat de nos recherches » précise-t-il. L'objectif de ces recherches lancées en 1993, et aujourd'hui de s'attaquer à l'histoire peu connue de ces civilisations andines, en mettant en relation cet indicateur avec d'autres. « Cette méthode est applicable partout dans le monde et pour toutes les époques. Les acariens oribates peuvent être présents dans certains marécages français" affirme ce chercheur. Elle sera prochainement expérimentée en Islande. « Le plus dur maintenant c'est de convaincre nos collègues de la nouveauté ». Adrien NOS

MONTREAL La villa gallo-romaine de Séviac est ouverte à la visite La dépêche du midi, 30 mars 2007
Depuis le premier mars dernier, la villa gallo-romaine de Séviac est sortie de son long hivernage. Une fois enlevés les mètres cubes de sable fin qui recouvraient d'un chaud manteau les pavements de mosaïques contre les froidures de l'hiver, la belle villa s'éveille à la lumière printanière pour une nouvelle saison touristique.
Située à un jet de pierre de l'oppidum montréalais, Séviac est le joli nom d'une luxueuse villa gallo-romaine du IVe siècle de notre ère, représentant le schéma classique de la maison des campagnes romaines. Mais ses attraits majeurs sont assurément ses trente pavements de mosaïques conservés sur plus de 400 m², tout comme son vaste ensemble thermal avec bains et piscine. Dannielle Berniard et Corinne Delsas, employées à l'accueil depuis plus d'une vingtaine d'années, sont aussi les plus fidèles guides et conseillères pour connaître la longue histoire des fouilles débutées en 1966 avec Paulette Aragon-Launet qui y consacra l'essentiel de sa vie.
Pour la partie animation, les visites guidées estivales se feront toujours en costumes d'époque par des comédiennes professionnelles qui donneront un effet scénique aux 35. 000 visiteurs venant annuellement découvrir le site.
L'Association de sauvegarde des monuments et sites de l'Armagnac fera revivre son héros Alix, personnage de BD brave et courageux qui s'animera sur de grands panneaux installés le long du parcours.
Par ailleurs, des spectacles nocturnes et l'organisation d'un concert sont en prévision.
Reste à évoquer en conclusion le grand chantier scientifique du pôle archéologique Eluza-Séviac. Ce projet devra réunir à terme ces deux immenses entités patrimoniales pour offrir aux visiteurs le premier site archéologique en Midi-Pyrénées.

La mèche de cheveux de Ramsès II retourne au Caire 20 Minutes, 30 mars 2007
STR AFP/Archives ¦ Un particulier anonyme a mis en vente sur un site internet français ce qu'il affirme être des mèches de cheveux de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons, déclenchant une enquête policière en France et l'indignation des archéologues.
Les cheveux de Ramsès II retournent en Egypte. Le Caire a envoyé, vendredi, une équipe d’archéologues pour récupérer des mèches appartenant à la momie du pharaon, vieille de 3200 ans. Le fragment de toison antique avait été mis en vente sur l’Internet en novembre dernier pour une somme comprise entre 2.000 et 2.500 euros. Aussi proposé aux enchères, des morceaux de résine et de bandelettes dans lesquels avaient été embaumés la momie. L’internaute, un Français, a dit tenir ces reliques de son père qui travaillait dans un laboratoire chargé d’analyser et de restaurer la momie dans les années 70. Il se proposait même de fournir un certificat d’authenticité. La mise en vente n’est pas passée inaperçue dans le monde de l’archéologie. Prévenues, les autorités françaises ont arrêté le vendeur.

Dijon Saint-Apollinaire : L'archéologie préventive fait des découvertes Le Bien Public 6 mars 2007
Préalable au chantier du Pré- Thomas, à Saint-Apollinaire, la phase diagnostique de l'archéologie préventive vient de s'achever. Elle devrait donner lieu à des fouilles car le sondage du terrain s'est révélé fructueux, dans une commune qui présente déjà de nombreux résultats.
Sur une quinzaine d'hectares, le nouvel éco-quartier du Pré Thomas, à Saint-Apollinaire, devrait révolutionner la physionomie de la commune dans les années qui viennent.
En attendant, il est des découvertes qui pourraient constituer un apport déterminant dans la reconstitution du visage du Saint-Apollinaire passé, et de ses habitants des millénaires antérieurs.
Préalable obligatoire en effet, à tout projet d'aménagement de grande ampleur, le terrain concerné, au sud de la commune, vient d'être soumis, sur prescription de la DRAC, au diagnostic de l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), qui au terme d'un mois de prospection rendra sous peu son rapport, image du patrimoine archéologique du futur quartier.
« Nous avons commencé par étudier le projet aux vues de la carte archéologique régionale et des rapports de fouilles dont nous disposons commune par commune, afin de déterminer si la zone présentait une sensibilité archéologique, et coïncidait avec quelque chose de déjà connu », explique Yves Pautrat, conservateur du patrimoine au service régional de l'archéologie de la DRAC, chargé du dossier.
Seuls 10 % des dossiers reçus par la DRAC donnent lieu à prescription de diagnostic.
Mais Saint-Apollinaire était pour le moins une zone sensible. Avec des précédents liés à l'aménagement de la zone industrielle Cap Nord, mais aussi et surtout à la construction du lotissement de Val Sully, ou à celle de la liaison Dijon Arc-sur-Tille (l'Arc).
Les fouilles préventives de l'époque avaient fourni des résultats inédits : vestiges de l'âge des métaux (bronze et fer) et de l'âge antique (gallo-romain), mais aussi du haut Moyen Âge à Val Sully, avec des traces d'habitat dispersé de l'époque mérovingienne.
Si bien que la connaissance de ce secteur tend à acquérir une belle cohérence.
« C'est la commune de Côte-d'Or qui présente le plus d'informations récentes, fiables et précises sur une surface importante. Nous avons déjà une vision intéressante de l'évolution de la zone, notamment de l'apparition du village médiéval et de son déplacement vers le site du village actuel », souligne ainsi le conservateur.
Pour satisfaire au diagnostic archéologique par conséquent prescrit par la DRAC, 7 à 10 % de la surface concernée ont été « décapés », sur des tranchées parallèles de 2,5 mètres de large, ce qui devait permettre de voir ce que recèle le sol.
Les fouilles encore en suspens
Une opération financée par la redevance due par la commune (37 centimes d'euros du mètre carré). Et de fait, ce sondage a permis de déterminer cinq zones à forte concentration de vestiges (voir encadré).
A partir du rapport de l'INRAP, il reste donc maintenant au service régional de l'archéologie à évaluer les résultats et à décider de la pertinence ou non de fouilles préventives et des secteurs à traiter - projet qui sera à son tour soumis à l'évaluation de la commission interrégionale de la recherche archéologique.
« L'étude du Pré Thomas nous permettrait d'élargir nos informations sur le Saint-Apollinaire protohistorique (1) et antique », souligne Yves Pautrat.
D'autant que la déviation d'une petite route qui coupe le futur quartier avait déjà provoqué une fouille, au cours de laquelle deux sépultures avaient été mises à jour.
« Il est inenvisageable de décaper entièrement les zones répertoriées, et nous devrons définir des priorités, en fonction du gain scientifique attendu », précise-t-il.
A cela s'ajoutent les contraintes techniques et économiques, et dans le cas présent, le souhait qu'avait la commune de débuter le chantier du quartier dès le mois de septembre - mais, assure le conservateur, la décision de fouilles devrait être prise dans un mois maximum.
Le cas échéant, charge reviendra donc à la commune de recruter à partir du cahier des charges un opérateur d'archéologie préventive, public ou privé, avec lequel elle négociera la durée du chantier.
La fouille manuelle, dont l'archéologie régionale assurerait le contrôle scientifique, permettrait de faire apparaître la totalité des vestiges des zones déterminées par les sondages, et de procéder à des comparaisons et des datations, pour donner lieu, après libération des terrains, à la rédaction de rapports détaillés et d'articles spécialisés.
« Ces futures données s'ajoutant à d'autres et consolidant notre connaissance du terrain de Saint-Apollinaire, permettront d'envisager une restitution publique ; nous avons aussi un projet de publication sur l'ensemble des implantations protohistoriques trouvées sur l'Arc », conclut Yves Pautrat. Affaire à suivre, donc.
Joséphine BATAILLE
(1) La période protohistorique s'insère entre la Préhistoire et l'Histoire, et est assimilée à l'âge des métaux.
Cinq pistes, de l'âge de bronze aux Gaulois
Les deux premières zones de gisements révélées par les sondages sont des fosses protohistoriques à datation indéterminée - les objets retrouvés dans la structure sont abîmés et érodés. « Le plus souvent il s'agit de fosses liées à l'habitat, qui servaient de dépotoir, et qui ne sont intéressantes que quand leur contenu est utilisable », précise Yves Pautrat. Dans le cas présent elles ne donneront très certainement pas lieu à fouilles. Plus intéressantes, les fosses qui correspondent à des trous de poteau, marquant l'existence d'une palissade ou le plan d'une maison, comme ceux apparus dans la zone cinq, suggérant l'existence d'une ferme indigène gauloise (2e âge du fer) du type de celles qui avaient été mises à jour sur l'Arc. « Elle se matérialise par de grands fossés, déterminant une surface de quelques hectares à l'intérieur de laquelle apparaissent des trous de poteau, des puits et les traces de probables palissades d'enclos à animaux », détaille le conservateur. La vaste fosse du secteur numéro trois, sans doute liée à l'habitat, a pu être datée précisément (âge de bronze final) grâce aux tessons de céramique biens conservés qui y ont été découverts, et ont été comparés avec les céramiques trouvées à Couternon. De même a été daté le semis de fosses très denses du secteur numéro quatre, dont la fouille pourrait permettre de combler un hiatus : l'évolution des formes céramiques, du bronze final au premier âge de fer.

Un palais gallo-romain mis au jour à Narbonne Midi Libre 3 mars 2007
Une résidence avec parking souterrain est en projet, face au Palais de justice. Cet été, un diagnostic archéologique du terrain a été réalisé
Des centaines de fragments sont étalés, à perte de vue, sur les planches à tréteaux du hangar du chemin de Sainte-Rose. Cinq ou six, néanmoins, attirent l'œil plus que les autres. Remarquables par leurs couleurs vives.
Devant eux, Raymond Sabrié. L'archéologue du Groupe de recherches archéologiques du Narbonnais époussette quatre morceaux de fresque qu'il a réussi à rassembler. Pressé de faire découvrir « l'importance de la découverte de ces peintures murales, typiques du deuxième style pompéien ». Le reste attend encore dans neuf cagettes, apportées, en octobre dernier, par Maxime Guillaume. L'archéologue à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) venait d'exhumer les vestiges d'une maison gallo-romaine dans le sous-sol du futur immeuble, boulevard de Gaulle.
Sans le projet de création d'un parking souterrain, la découverte n'aurait sans doute jamais eu lieu. « A cause de cela, nous avons dû creuser à 5 mètres de profondeur », justifie Maxime Guillaume. Fin août, les spécialistes pensent avoir mis au jour « la première maison de ville appartenant à la Narbo de Jules César. » C'est-à-dire un siècle avant JC, alors que les découvertes précédentes datent du second siècle après notre ère.
En plus d'être le plus ancien, le vestige témoigne de la présence, là encore exceptionnelle, d'un très haut dignitaire dans la ville.
Raymond Sabrié vaporise de l'eau sur un fragment. On distingue alors les volutes d'un chapiteau corinthien, des pilastres... Autant de détails architecturaux en trompe-l'œil, avec ombres portées et jeux de lumières, que l'on ne voyait que dans les maisons luxueuses, voire « carrément des palais ». La villa des mystères à Pompéi, ou Oplontis, pour ne citer qu'elles...
« Ces peintures étaient réalisées dans les pièces d'apparat, comme le triglinium, où l'on recevait les invités à manger », raconte Raymond Sabrié. L'archéologue narbonnais se plaît alors à imaginer le maître des lieux. « A cette époque, il y avait, à Narbo, un gouverneur de la Province. Il fallait donc qu'il y ait une demeure destinée à l'accueillir... »
Cela n'est qu'une hypothèse, bien sûr. Mais l'idée qu'un représentant de la Rome antique ait habité à quelques mètres de l'actuelle sous-préfecture est assez amusante pour être évoquée.
Autre première : habituellement carrées, les tubulures utilisées pour évacuer le chauffage par les murs étaient, là, cylindriques.
Une chose est sûre. L'homme était assez riche pour avoir fait venir un artisan tout droit de Rome, afin de réaliser les fresques ! En témoignent la qualité des dessins et des pigments. A l'image du rouge cilabre utilisé pour illuminer un masque tragique. « Nous sommes dans la très haute bourgeoisie », confirme Maxime Guillaume.
Seule une fouille plus poussée pourrait éventuellement permettre de découvrir une preuve de l'identité du propriétaire. A la Drac, maintenant, de décider de l'avenir de ce passé.
Marie PINTADO


Aude Les Carcassonnais enterrent un pan d'histoire (Midi Libre, 16 février 2007)
Les fouilles d'un coût de 500 000 € ont été closes hier. Le parking ouvrira en janvier 2008
(…) Tandis que l'on pétitionnait à l'entrée pour la sauvegarde de ceux qui préservent notre patrimoine (lire ci-dessous), alors que le bruit entêtant du marteau-piqueur couvrait parfois la voix des guides, nombreux ont été les visiteurs dont l'esprit était martelé par les imperceptibles rumeurs enfouies de l'histoire.
Enterrement dans l'enceinte d'un cimetière, recueillement sur le site de l'ancien couvent des Cordeliers... Le lien entre le Moyen âge et notre ère fut ce mini-traité d'archéologie appliquée, distillé à la volée par les jeunes archéologues diplômés de l'Inrap. Cela associé à l'histoire, qu'une plaquette, aussi succincte qu'instructive, résumait en quatre volets.
Demain, on refermera le gisement d'où a été extraite la mémoire. (…) Cela dit, les vestiges ont été parfaitement répertoriés et c'est en termes urbanistiques et politiques que le maire, Gérard Larrat, se réjouit franchement de la réalisation. Tandis que le parking sera opérationnel en janvier 2008, s'ouvrira « une perspective Pont Neuf-musée qui changera la physionomie de la ville. »
(…) Pour les tenants de la mémoire, le maire avait suggéré l'édification d'une pyramide de verre abritant des vestiges. Ni pharaonique, ni mitterrandienne... mais les Bâtiments de France ont rechigné.
C'est donc dans les escaliers que, dans une scénographie élaborée, seront évoqués de manière iconographique, les degrés d'évolution du chantier. Une nostalgique plongée dans notre histoire, en remontant le temps enfoui.

A u d e Les plombs arabes de Ruscino scellaient un butin de Narbonne (L’indépendant, 16 février 2007 )
Deux ans après la découverte d’une série de 42 sceaux en plomb datés de 720 de notre ère et portant des inscriptions en arabe, sur le site de Ruscino à Château Roussillon près de Perpignan, Rémi Marichal, le directeur des fouilles, peut enfin donner des explications précises.
Il s’est livré à un long et minutieux travail de recherche sur ces objets: "Létude a été menée avec l’aide de deux collègues madrilènes, Alberto Canto et Tawfiq Ibrahim. Il faut savoir que ces sceaux comptent parmi les plus anciens exemplaires d’écriture arabe connus dans le monde et on en a trouvé autant à Ruscino que dans toute l’Espagne réunie, pour la période allant du début de la conquête à 756". La première présentation devant la communauté scientifique a d’ailleurs eu lieu à Saragosse en novembre dernier avec une communication cosignée par Rémi Marichal et Philippe Sénac, directeur de recherches au CNRS et professeur à l’Université de Toulouse Le Mirail. Les deux chercheurs préparent un ouvrage sur les Wisigoths et les Sarrasins en Roussillon.
La plupart des sceaux portent les mêmes inscriptions: sur une face les mots "makhnûm tayyib" signifiant "butin licite" et de l’autre "qusima bi-Arbûnah" (partagé à Narbonne).
Rémi Marichal explique ainsi l’utilisation de ces plombs:"Il s’agit de sceaux qui rivetaient des lanières de cuir destinées à fermer des sacs ou des coffres contenant un butin. Celui-ci était partagé en cinq parts, dont l’une revenait à l’Etat et les autres aux combattants. Il s’agit d’une découverte d’une extrême importance puisque c’est la première fois qu’apparaît le nom arabe de Narbonne sur des objets, alors qu’il ne figurait jusque-là que dans des sources écrites ou sur des cartes ".
Les sceaux de Ruscino ont permis de justifier plusieurs observations que formule l’archéologue: "Contrairement à une longue tradition suivant laquelle le franchissement des Albères n’était destiné qu’à des razzias, le contrôle de la Narbonnaise doit être mis en relation avec le grand mouvement de conquête qui débuta un siècle plus tôt et il n’est pas inutile de rappeler que nombre de géographes arabes placent à Narbonne la limite septentrionale d’al-Andalus".
Chaînon manquant
La conquête musulmane de la région de Narbonne au début du VIIIesiècle "n’a pas été l’œuvre de bandes de pillards, mais d’une armée dotée d’une organisation rationnelle qui suivit la Voie Domitienne pour s’emparer des places fortes et s’installa à Ruscino, qui devint le premier établissement musulman en Gaule ". Les Arabes y sont restés une quarantaine d’années et Rémi Marichal pense qu’ils y ont édifié des constructions en dur, en particulier une mosquée: "Nous étudions en ce moment un chapiteau qui pourrait le confirmer".
Pour l’archéologue perpignanais, cette découverte est d’une importance majeure car "il y avait un chaînon manquant entre les Wisigoths et le Moyen âge". Elle apporte aussi des données précieuses pour mieux connaître l’histoire des origines de Perpignan.
En 2008 sera célébré le centenaire de la découverte du forum romain de Ruscino et Rémi Marichal souhaite reprendre les fouilles dans le cadre d’un projet européen:"nous avons de fortes chances de trouver d’autres vestiges de l’époque arabe ". Une période longtemps très mal connue et qui sort enfin de l’oubli.
Bernard Rieu

Finistère Locmaria avait un port au Moyen Âge (Ouest-France, 15 février)
Jean-Paul Le Bihan, archéologue municipal, savait déjà que Locmaria avait vu s'amarrer des bateaux aux rives de l'Odet à l'époque gallo-romaine. Des fouilles remontant à quelques mois, menées dans la cour et le jardin du Prieuré avaient en effet confirmé l'existence d'une véritable ville gallo-romaine sur la rive gauche de l'Odet.
(…) Trois grosses tranchées de 3 m de large sur 4 m de long ont été creusées : la première près de l'église et deux autres à quelque deux mètres de la rive de l'Odet. La première, la plus en retrait de la rivière, a révélé la présence d'un cimetière de l'âge Carolingien (IXe siècle) avec un sarcophage. (Une niche de pierres recouverte de pierres plates). « Au dessous, nous sommes au niveau du sol géologique, où l'on ne trouvera plus rien » a expliqué Jean-Paul Le Bihan.
Plus près de la rivière, les deux fosses creusées au tractopelle ont mis à jour des gros travaux d'empierrement, qui se situent à environ deux mètres au-dessous du plus haut niveau de la rivière actuelle. « Il s'agit de gros travaux de conquêtes de berges de l'Odet que l'on peut situer au XIV ou XVe siècle » a encore expliqué Jean-Paul Le Bihan, qui ne veut tou