René Rémond, historien et politologue

Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin

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Sarko président

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Ce n'est pas une surprise, mais c'est une victoire sans bavure. Nicolas Sarkozy a été élu président avec 53,06 % des voix. Le président de l'UMP qui a fait campagne sur le thème des valeurs -le travail, l'effort, l'autorité, le mérite, etc.- , a acquis dans les urnes une incontestable légitimité pour appliquer la politique de "rupture" qu'il a promise. Il reste maintenant à son camp à obtenir une majorité confortable aux législatives des 10 et 17 juin pour que le nouveau président ait effectivement les moyens de concrétiser sa politique. Il est très probable que ce sera le cas, c'est du moins l'ambition qu'a poursuivie le législateur en réduisant à cinq ans la durée du mandat présidentiel et en faisant coïncider la présidentielle avec les législatives. Tout semble donc en place pour qu'une mini révolution conservatrice à la française se mette en place, une mini-révolution qui sonne le glas des idées libertaires véhiculées depuis mai 68.
Cependant, la victoire sans bavure de Nicolas Sarkozy l'oblige a des résulats et d'abord à celui-ci : à être le président de tous les Français, c'est à dire à rassurer au delà de son camp pour éviter des crispations inutiles dont la France ferait, la première, les frais, en rendant les nécessaires réformes impossibles. Le nouveau président semble l'avoir compris qui dans sa première allocution, dimanche au soir, s'est montré ouvert à la diversité des électeurs. Espérons que les lampions de la fête éteints, Nicolas Sarkozy ne l'oubliera pas. La France aurait tout à perdre à voir se renouveller le précédent de Jacques Chirac qui, élu en 2002, avec plus de 80 % des voix des Français soucieux de faire barrage à Jean-Marie Le Pen, s'était empressé de pratiquer une politique pour son seul camp...