René Rémond, historien et politologue

Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin

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Quel espace pour Bayrou ?

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
En disant qu'il ne voterait pas pour Sarkozy, c'est à dire en ne restant pas équidistant de la droite et de la gauche, François Bayrou a-t-il commis une faute ? Le président de l'UDF doit créer dans les jours à venir un nouveau parti, le Mouvement démocrate, qui a l'ambition de présenter des candidats dans les 577 circonscriptions de France. Peut-il obtenir un groupe parlementaire ? La plupart des élus UDF (22 sur 29) , qui doivent leur actuel mandat à des électeurs centristes mais aussi à des voix UMP, ont rallié Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle, pour assurer leur avenir. Cependant, le 22 avril dernier, François Bayrou a dépassé 20 % des voix dans 196 circonscriptions. Et dans 469 d'entre elles, il a franchi le seuil des 12,5 %, nécessaires pour se maintenir au second tour des législatives. Des jeunes du mouvement démocrate, candidats pour la première, seront probablement tentés de jouer le jeu des triangulaires. Une fois encore, ce sont les électeurs qui décideront. Les Français qui ont voté Bayrou au premier tour de la présidentielle, ont voté, au second tour, Sarkozy pour 40 % d'entre eux, autant ont préféré Ségolène, et 20 % se sont abstenus. Le pari de Bayrou n'est donc pas perdu, mais il est loin d'être gagné et il est risqué. Reste à savoir aussi si les députés UDF sortants qui ont soutenu Sarkozy avant le second tour resteront dans le parti centriste. C'est peu problable. L'UMP a décidé de ne pas présenter de candidats contre les sortants UDF s'ils prenaient l'engagemeent d'appartenir à la majorité présidentielle. Pas question donc que des députés centristes se fassent élire avec des voix UMP pour siéger ensuite dans un groupe avec Bayrou, qui passerait son temps à contester le gouvernement, comme cela était le cas entre 2002 et 2007. Les résultats du premier tour de la présidentielle ont pourtant montré qu'une frange importante de Français a besoin d'être représentée à l'assemblée nationale par un autre parti que l'UMP. Nicolas Sarkozy aura-t-il réellement entendu ce message ?