La fin de l'union de la gauche ?

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
C'est un boulevrsement considérable qui s'est produit à l'extrème-gauche de l'échiquier politique. Avec 1,9 % des voix au premier tour de la présidentielle, le PCF est menacé de disparition. Encore bien implanté localement, il peut probablement sauver quelques sièges aux législatives. Mais la réalité est là : il n'y a plus à la gauche du PS, comme c'était le cas depuis 1972, un "réservoir de voix" qui permettrait au PS d'espérer revenir aux affaires.
Si ce dernier veur revenir au pouvoir, il lui faudra rechercher d'autres alliances, forcément au centre de l'échiquier politique. C'est une révolution copernicienne qui lui reste à accomplir pour en arriver là, tant, aujourd'hui, ses archaïsmes sont évidents.

Quel espace pour Bayrou ?

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
En disant qu'il ne voterait pas pour Sarkozy, c'est à dire en ne restant pas équidistant de la droite et de la gauche, François Bayrou a-t-il commis une faute ? Le président de l'UDF doit créer dans les jours à venir un nouveau parti, le Mouvement démocrate, qui a l'ambition de présenter des candidats dans les 577 circonscriptions de France. Peut-il obtenir un groupe parlementaire ? La plupart des élus UDF (22 sur 29) , qui doivent leur actuel mandat à des électeurs centristes mais aussi à des voix UMP, ont rallié Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle, pour assurer leur avenir. Cependant, le 22 avril dernier, François Bayrou a dépassé 20 % des voix dans 196 circonscriptions. Et dans 469 d'entre elles, il a franchi le seuil des 12,5 %, nécessaires pour se maintenir au second tour des législatives. Des jeunes du mouvement démocrate, candidats pour la première, seront probablement tentés de jouer le jeu des triangulaires. Une fois encore, ce sont les électeurs qui décideront. Les Français qui ont voté Bayrou au premier tour de la présidentielle, ont voté, au second tour, Sarkozy pour 40 % d'entre eux, autant ont préféré Ségolène, et 20 % se sont abstenus. Le pari de Bayrou n'est donc pas perdu, mais il est loin d'être gagné et il est risqué. Reste à savoir aussi si les députés UDF sortants qui ont soutenu Sarkozy avant le second tour resteront dans le parti centriste. C'est peu problable. L'UMP a décidé de ne pas présenter de candidats contre les sortants UDF s'ils prenaient l'engagemeent d'appartenir à la majorité présidentielle. Pas question donc que des députés centristes se fassent élire avec des voix UMP pour siéger ensuite dans un groupe avec Bayrou, qui passerait son temps à contester le gouvernement, comme cela était le cas entre 2002 et 2007. Les résultats du premier tour de la présidentielle ont pourtant montré qu'une frange importante de Français a besoin d'être représentée à l'assemblée nationale par un autre parti que l'UMP. Nicolas Sarkozy aura-t-il réellement entendu ce message ?

Le courage de Ségolène

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Quoique l'on pense des idées de la candidate socialiste battue dimanche au second de la présidentielle, force est de reconnaitre qu'elle a mené une campagne combative et courageuse. Courageuse aussi était son attitude dimanche soir, lorsque souriante, elle a annoncé aux militants qui l'acclamaient devant le siège de son parti, que le combat commun allait continuer. Par contraste, on ne pouvait s'empêcher de penser à ce pitoyable soir de 2002 lorsque Lionel Jospin, battu, abandonnait la politique, laissant ses troupes orphelines.
Mais pour Ségolène Royal, le plus dur est peut être à venir. Les "éléphants" du PS qu'elle avait cour-circuités pour obtenir l'investiture des militants socialistes en novembre dernier, et qui ne l'avaient pas ménagé, vont être tentés de lui faire payer très cher sa défaite pour reprendre la main. Sans aucune pudeur, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont d'ailleurs commencé à régler leurs comptes en direct à la télé dimanche au soir. S'ils veulent que la dynamique qui a porté Nicolas Sarkozy à la présidence, joue encore plus en faveur de la droite lors des législatives des 10 et 17 juin, les socialistes n'ont qu'à continuer sur ce chemin, celui de la division et des règlements de compte. Mais peuvent-ils l'éviter ? Au delà du score de Ségolène Royal, qui n'est pas si mauvais si on considère les évolutions sociologiques de la France, la question de l'évolution du PS vers une social-démocratie moderne, est bel est bien posée. Cette évolution, c'est une condition sine qua non d'un retour, un jour, aux affaires. Les socialistes y sont-ils prêts ? Une minorité, oui. Dans leur ensemble, probablement pas encore... Et puis la question du leadership est posée. Cela ne rend pas aimable, en général.

Sarko président

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Ce n'est pas une surprise, mais c'est une victoire sans bavure. Nicolas Sarkozy a été élu président avec 53,06 % des voix. Le président de l'UMP qui a fait campagne sur le thème des valeurs -le travail, l'effort, l'autorité, le mérite, etc.- , a acquis dans les urnes une incontestable légitimité pour appliquer la politique de "rupture" qu'il a promise. Il reste maintenant à son camp à obtenir une majorité confortable aux législatives des 10 et 17 juin pour que le nouveau président ait effectivement les moyens de concrétiser sa politique. Il est très probable que ce sera le cas, c'est du moins l'ambition qu'a poursuivie le législateur en réduisant à cinq ans la durée du mandat présidentiel et en faisant coïncider la présidentielle avec les législatives. Tout semble donc en place pour qu'une mini révolution conservatrice à la française se mette en place, une mini-révolution qui sonne le glas des idées libertaires véhiculées depuis mai 68.
Cependant, la victoire sans bavure de Nicolas Sarkozy l'oblige a des résulats et d'abord à celui-ci : à être le président de tous les Français, c'est à dire à rassurer au delà de son camp pour éviter des crispations inutiles dont la France ferait, la première, les frais, en rendant les nécessaires réformes impossibles. Le nouveau président semble l'avoir compris qui dans sa première allocution, dimanche au soir, s'est montré ouvert à la diversité des électeurs. Espérons que les lampions de la fête éteints, Nicolas Sarkozy ne l'oubliera pas. La France aurait tout à perdre à voir se renouveller le précédent de Jacques Chirac qui, élu en 2002, avec plus de 80 % des voix des Français soucieux de faire barrage à Jean-Marie Le Pen, s'était empressé de pratiquer une politique pour son seul camp...

La pluralité des droites

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
L'analyse de René Remond sur la "pluralité des droites", en France, reste valide. Si Sarkozy a réussi son pari d'être en position favorable pour le second tour, grâce notamment à la captation d'une partie de l'électorat du FN qui s'effondre, l'émergence d'une nouvelle force, au centre de l'échiquier politique confirme en effet la permanence de la pluralité des droites.
Au delà de son style particulier, Bayrou incarne la vieille tradition orléaniste française. Mais, pour la première fois, avec lui, le centre est en position de nouer, peut être, une alliance avec la gauche socialiste, pour autant que le PS accepte à son tour de se déporter vers le centre. Et de faire sa mue social-démocrate. Une évolution qu'il a rechigné, jusqu'ici, à envisager.

Besoin de renouvellement

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Bien qu'éliminé du second tour, François Bayrou incarnait lui aussi la logique de renouvellement des générations au plus haut niveau des responsables politiques, le désir d'une certaine prise de distance avec les appareils des partis et l'aspiration à un plus grand "parler vrai". Les deux finalistes devront en tenir compte. C'est une lourde responsabilité qui leur incombe, à la hauteur de la participation record (85 %) de dimanche dernier. Quel que soit le candidat pour lequel ils ont voté, une majorité de Français attend manifestement un vrai renouvellement de notre vie politique et de nos pratiques démocratiques.

Sarkozy vainqueur ?

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Pour les instituts de sondage, cela ne fait guère de doute. Tous donnent Sarkozy vainqueur au second tour. A priori, en effet, la réserve de voix de sa rivale socialiste est moins élevée. Et ce ne sont pas les ralliements de Besancenot (LCR), de Voynet (Verts), de Buffet (PCF), de Bové (Altermondialiste) et même, pour la première depuis 1974, de Laguiller (LO) qui suffiront. Les électeurs centristes, eux, pourraient faire la différence. Mais, l'électorat de François Bayrou est composite. Son électorat traditionnel est issu de la droite, beaucoup d'élus UDF gèrent des collectivités locales avec des élus UMP. En revanche, les nouveaux électeurs qu'il a ralliés sont moins homogènes. Ils le sont d'autant moins qu'ils ont rallié au moment où leur champion récusait la droite comme la gauche mais faisait aussi une campagne très anti-Sarkozy. Cela laisse un espoir à la candidate socialiste pour le second tour...
Nicolas Sarkozy le sait bien qui, logiquement, devrait s'employer à séduire les électeurs centristes après avoir déployé tous ses efforts, avec succès d'ailleurs, pour séduire l'électorat du FN avant le premier tour. Avec son discours musclé sur la sécurité, sur l'immigration et sur l'identité nationale, le candidat de l'UMP a attiré dimanche une partie des électeurs de Jean-Marie le Pen. Ce même discours devrait naturellement lui valoir de meilleurs reports de voix frontistes au second tour que n'en avaient eu les candidats de droite précédemment. L'élection étant acquise sur la droite, c'est bien vers le centre que le candidat UMP va devoir faire porter tous ses efforts dans les jours qui viennent.

Un duel droite-gauche avec le centre en arbitre

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Ce sera donc Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy ! Ce premier tour de la présidentielle 2007 conduit à une re-bipolarisation de la vie politique française. À un choix clair entre deux projets de société. Sur ce point au moins, les deux candidats étaient d'accord et une majorité des électeurs leur ont donné raison en leur apportant, dès le premier tour, un total de 55 % des voix là où MM. Chirac et Jospin n'avaient totalisé que 36 % des suffrages en 2002. La contrepartie, c'est un fort recul des extrêmes dits "protestataires" de droite comme de gauche qui, en 2002, avaient exprimé le scepticisme d'une bonne partie de l'électorat. A postériori, on mesure, à l'aune de ce "vote utile", la réalité du traumatisme qu'a représenté pour une majorité de Français, de droite comme de gauche, la qualification de Jean-marie Le Pen pour le second tour, le 21 avril 2002.
Troisième enseignement : la percée du candidat centriste, avec un score élevé, supérieur à 18 %, qui interdit de reduire le second tour à un duel frontal entre la droite et la gauche.

Une participation réjouissante

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
Seulement 15,5 % d'abstentions ! Dès les premières heures de la matinée, il y avait la queue dans les bureaux de vote, et tout au long de la journée, cette affluence ne s'est pas démentie... On savait les Français intéressés par cette campagne électorale. de fait, ils ont été passionnés. Leur engouement est pour partie imputable au renouvellement des candidats -parmi eux, aucun Premier ministre sortant-. Cette participation record, un score inégalé depuis 1974, confirme aussi la volonté de ne pas voir se renouveller le choc du 22 avril 2002.

Les jeux ne sont pas encore faits

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par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
A deux jours du scrutin, les candidats à la présidentielle, malgré d'ultimes réunions publiques au demeurant fort courues, ne semblent pas avoir emportés l'adhésion de tous les Français. Bien au contraire, les derniers sondages témoignent de l'indécision d'un pourcentage élevé des électeurs. Ces mêmes sondages traduisent aussi des tendances contradictoires. Si Nicolas Sarkozy fait la course en tête, les positions de Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen s'améliorent ou se dégradent selon les dernières enquêtes d'opinion.

Au reste, les directeurs des instituts de sondage croient, les uns, à une rebipolarisation de la vie politique, les autres à un possible "croisement des courbes" entre Ségolène Royal et François Bayrou. L'appel lancé le 14 avril par le socialiste Michel Rocard, relayé par Bernard Kouchner et Claude Allègre, en faveur d'une alliance Royal-Bayrou aura-t-il finalement une influence sur les électeurs ? Sa proposition visait d'abord ceux qui s'interrogeaient encore sur le meilleur moyen de faire battre Nicolas Sarkozy. Pour l'heure, cet appel a fait un flop du côté de la candidate socialiste mais il est venu, à point nommé pour François Bayrou. Abandonné par de nouveaux UDF historiques (Giscard a rallié Sarkozy), le candidat du centre a ainsi fait la preuve qu'il pourrait exister des responsables socialistes, et non des moindres, prêts à gouverner avec lui.

Si l'équation Sarkozy/ Royal semble la plus probable pour le second tour, l'équation Sarkozy/Bayrou n'est pas impensable. Ce serait la plus surprenante, la plus étonnante, celle qui bousculerait trente ans de bipolarisation de la vie politique, celle qui répondrait à l'aspiration de bien plus de Français qu'elle ne mobilisera sans doute d'électeurs. Beaucoup restent en effet pris dans les rets du "vote utile" ou dans la peur d'une nouveau 22 avril 2002 qui avait vu Jean-Marie Le Pen présent au second tour de la présidentielle.

En tout cas, l'équation Sarkozy/Bayrou entrainerait une recomposition de notre paysage politique, sauf à imaginer que les principaux partis, l'UMP d'un côté, le PS d'un autre, restent sourds aux appels des Français et freinent des quatre fers. Ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas impensable non plus !!!