
par Paula Boyer, rédactrice en chef de Pèlerin
A deux jours du scrutin, les candidats à la présidentielle, malgré d'ultimes réunions publiques au demeurant fort courues, ne semblent pas avoir emportés l'adhésion de tous les Français. Bien au contraire, les derniers sondages témoignent de l'indécision d'un pourcentage élevé des électeurs. Ces mêmes sondages traduisent aussi des tendances contradictoires. Si Nicolas Sarkozy fait la course en tête, les positions de Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen s'améliorent ou se dégradent selon les dernières enquêtes d'opinion.
Au reste, les directeurs des instituts de sondage croient, les uns, à une rebipolarisation de la vie politique, les autres à un possible "croisement des courbes" entre Ségolène Royal et François Bayrou. L'appel lancé le 14 avril par le socialiste Michel Rocard, relayé par Bernard Kouchner et Claude Allègre, en faveur d'une alliance Royal-Bayrou aura-t-il finalement une influence sur les électeurs ? Sa proposition visait d'abord ceux qui s'interrogeaient encore sur le meilleur moyen de faire battre Nicolas Sarkozy. Pour l'heure, cet appel a fait un flop du côté de la candidate socialiste mais il est venu, à point nommé pour François Bayrou. Abandonné par de nouveaux UDF historiques (Giscard a rallié Sarkozy), le candidat du centre a ainsi fait la preuve qu'il pourrait exister des responsables socialistes, et non des moindres, prêts à gouverner avec lui.
Si l'équation Sarkozy/ Royal semble la plus probable pour le second tour, l'équation Sarkozy/Bayrou n'est pas impensable. Ce serait la plus surprenante, la plus étonnante, celle qui bousculerait trente ans de bipolarisation de la vie politique, celle qui répondrait à l'aspiration de bien plus de Français qu'elle ne mobilisera sans doute d'électeurs. Beaucoup restent en effet pris dans les rets du "vote utile" ou dans la peur d'une nouveau 22 avril 2002 qui avait vu Jean-Marie Le Pen présent au second tour de la présidentielle.
En tout cas, l'équation Sarkozy/Bayrou entrainerait une recomposition de notre paysage politique, sauf à imaginer que les principaux partis, l'UMP d'un côté, le PS d'un autre, restent sourds aux appels des Français et freinent des quatre fers. Ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas impensable non plus !!!
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